Entraînements à huis clos : les jeunes joueurs sont meilleurs sans leurs parents

Entraînements à huis clos : les jeunes joueurs sont meilleurs sans leurs parents

Abonnés Justine Leupe Publié le vendredi 31 août 2018 – Article DHNET.BE

 

Société : Les entraînements à huis clos améliorent les performances des joueurs

La saison de football a déjà repris pour les joueurs. Les enfants sont heureux d’à nouveau chausser leurs crampons mais peut-être pas autant de voir leurs parents au bord du terrain.

Il n’est pas rare que les parents deviennent les seconds coaches lors des matches ou lors des entraînements. « Ils dépassent leur rôle de parents. Ils deviennent arbitres, entraîneurs et l’enfant ne sait plus qui il doit écouter, ses parents ou son coach », explique Estelle André, psychologue du sport. Une pression s’installe sur le jeune joueur qui doit réussir son exercice mais aussi séduire ses parents.

Pour éviter ces problèmes, un club de Boom (province d’Anvers) a décidé, depuis un an, de faire deux fois par semaine (le jeudi et le vendredi) des entraînements à huis clos, révèle le journal Het Laatste Nieuws. Une prise de décision exceptionnelle en Belgique car très peu de clubs l’appliquent, hormis ceux de haut niveau. Le centre de formation du Sporting de Charleroi applique lui aussi cette règle depuis 3 ans. « Nous avons décidé de créer un cadre d’apprentissage comme à l’école », précise Alain Decuyper, le directeur technique de l’école des jeunes. « Cela améliore la concentration des enfants. Il y a un bénéfice important. Ils sont centrés sur le jeu. Ils se sentent moins redevables de montrer quelque chose aux spectateurs (leurs parents). »

Un avis partagé par la psychologue Estelle André. « La concentration amène une meilleure mémorisation. Comme les enfants font plusieurs fois l’exercice, il y a un ancrage plus profond au niveau cérébral et donc ça devient une routine motrice et un réflexe au match. »

Faire des entraînements à huis clos permet donc d’améliorer les performances des jeunes joueurs.

Mais avant d’en arriver là, il serait utile que les parents se remettent en question. C’est toute l’idée du projet Parents Fair-Play. Thomas Chatelle, le coordinateur du projet (qui ne l’est plus depuis moins d’un an), explique : « Nous voulions responsabiliser les parents, les inviter à se prendre en main et qu’ils changent leur comportement au bord du terrain. »

L’initiative souhaite éviter la situation des entraînements ou des matchs joués à huis clos. « Les parents doivent montrer l’exemple et ne pas perdre leurs moyens. C’est une catastrophe en matière d’exemple. Nous voulons éviter que les enfants reproduisent ce comportement », conclut l’ancien joueur d’Anderlecht.

Ce qu’il faut surtout rappeler aux enfants, c’est la notion de plaisir. « Le sport doit d’abord être de l’ordre du bien-être et du plaisir. S’il perd, ce n’est pas grave. Et un enfant a le droit de faire des erreurs. Il doit apprécier de venir jouer au football », rappelle Estelle André.

 

Justine Leupe